13 avril 2008
Michel Onfray : pourquoi il déteste l’Eglise catholique
Posted by fdo under Réponse aux athées | Tags: Michel Onfray |
Michel Onfray, le pourfendeur des religions, le “pape des bouffeurs de curé” comme l’a nom
mé le magasine Lire (voir article ) a un compte personnel à régler avec l’Église catholique. Sa haine de la religion n’est pas seulement philosophique (il se réclame des matérialistes et de Nietzsche) et politique (il soutien l’extrême gauche anticléricale). On sent bien que son combat se situe à un autre niveau. Car au delà de son Traité d’athéologie qui lui a permis de se faire mieux connaitre du grand public, il a fait édité un ouvrage plus ancien de Prosper Alfaric intitulé Jésus a-t-il existé ? qu’il a préfacé. Et chaque occasion est bonne pour attaquer l’église (voir ici par exemple).
Sa révolte trouve son origine dans une profonde blessure d’enfance jamais cicatrisée qu’il raconte dans son livre La puissance d’exister paru en 2006 (lire “Autoportrait à l’enfant”). A 10 ans, ses parents l’ont mis en pension dans un “orphelinat” de frères salésiens. Pendant 4 ans, il a vécu dans une profonde solitude et une grande révolte à l’égard de cette institution. La séparation de sa famille, malgré le fait que ses relations avec sa mère n’étaient pas bonnes - il était souvent battu, puni, réprimandé - a été vécu comme une mort. Le pensionnat était donc un lieu d’exclusion (de l’amour familial), de privation (de sa famille), de rupture (de ses repères). La rigidité de l’encadrement - on est dans les années 1960 - n’arrange rien. Adulte, il a pardonné à sa mère. Mais, au vu de sa charge anti-chrétienne, il n’a pas pardonné à ces prêtres de la souffrance endurée jadis. Et cela motive consciemment ou inconsciemment une haine envers l’église toute entière et des religions en général.
11 juin 2008 at 12:04
Bonjour,
Que Michel Onfray soit un “bouffeur de curés”, c’est possible. Qu’il ait des griefs personnels fondés ou non vis à vis de l’église catholique et de ses partisans , c’est encore possible. Qu’il soit souvent excessif dans ses propos, je l’ai constaté à la lecture de son “Traité d’athéologie“. Cependant cela ne suffit pas à disqualifier son propos et c’est faire une critique trop rapide et facile que de s’arrêter à des suppositions sur ses motivations sans parler de ce qu’il dit effectivement des religions et plus précisément des religions monothéistes.
Je pense qu’il a raison de faire remarquer les effets délétères des religions qui se mêlent immanquablement dans l’histoire aux puissances politiques afin d’assoir leur pouvoir. Il a encore raison à mon sens quand il pointe la haine névrotique du corps et de “la chair” (du plaisir en fait) qui est consubstancielle à certains courants encore fort importants dans le christianisme et qui puisent leurs racines dans les écrits pauliniens.
A ces critiques de Michel Onfray, vous ne répondez pas, c’est dommage.
PS : Onfray s’écrit avec un “a” pas avec un “e”
RÉPONSE :
1. Merci de me signaler l’erreur de frappe, je corrige de suite.
2. Vous avez raison, il faut distinguer l’homme des idées. L’objet de ce billet n’était pas de répondre à Michel Onfray - d’autres ont écrit des livres pour cela -, mais d’expliquer pourquoi il manifeste tant de hargne à dénoncer les religions en général et le christianisme en particulier. En partant de son vécu, qu’il livre lui-même à ses lecteurs, on comprends mieux la colère qui l’anime, le ressentiment qui s’exprime dans ses écrits, le manque de recul qu’il a vis-à-vis de l’Église.
11 juin 2008 at 18:34
Je me permets de vous signaler un très bon article sur le sujet, paru sur le site d’un Pasteur protestant :
http://miettesdetheo.over-blog.com/article-4103293.html
RÉPONSE :
Merci beaucoup, c’est un article agréable à lire, très instructif.
16 juin 2008 at 3:27
J’ai eu le “plaisir” il y a quelque temps déjà, d’assister à une table d’hôte universitaire avec M. Onfray. Etant étudiant je suis plutôt friand du Savoir , même si celui-ci ne fait pas partie de mon domaine d’études. Ici, il s’agissait en occurrence de philosophie, ou plutôt de pseudo-philosophie, car comme je l’ai constaté moi-même au fil de l’exposé sur son dernier livre paru à cette époque (Le traité d’athéologie), Michel Onfray est à la philosophie ce qu’est un Macdo à la gastronomie. Bref, étant venu sans préjugés, ne connaissant pas le bonhomme, j’y ai participé vierge de toute idée préconçue. Je suis venu en tant que spectateur neutre, et je suis reparti en farouche opposant. Qu’un homme, philosophe de surcroit, pose un postulat auquel il adhère, soit, c’est normal. Le spectateur neutre compte alors sur le développement de sa thèse, juge ses points théoriques forts et faibles, et peut au final adhérer ou non a ce qui y est exposé. Ce qui m’a frappé de prime abord dans l’exposé de ce monsieur ( qui est venu avant tout vendre son livre, je pense) c’est l’inexistence d’une véritable démonstration de sa thèse - tout ce à quoi j ai eu droit c’était des affirmations du type “c’est comme ça et pas autrement”. Même un enfant de 6 ans poserait la question “pourquoi ?”, alors un public universitaire , me disais-je naïvement, ne saurait passer a coté d’un tel ramassis de pseudo philosophie pour des gens en mal de rébellion intellectuelle. Ben non, les gens l’ont écouté bouche bée, les femmes l’ont trouvé “mignon”… Ben voyons, il faut user de son charme pour vendre son schmilblick, vu la maigreur de ses arguments, n’est-ce pas ? Il est vrai que durant son exposé, il a donné par ci par là des semblants d’arguments, mais c’était un tel ramassis de contre-vérités historiques et philosophiques, que n’importe quel personne plus ou moins éclairée, croyante ou non (je ne suis moi-même pas un croyant dans le sens orthodoxe de ce terme) réfuterait sans problème.
Depuis, je me suis renseigné sur le personnage, et j’ai poussé un soupir de soulagement en constatant qu’il ne pèse pas bien lourd dans le milieu académique, n’étant qu’une figure médiatique éphémère qui profite de son quart d’heure de gloire.
Ce qui est autrement plus grave, c’est que pas mal de gens, comme des brebis égarés, puissent boire les paroles d’un tel personnage sans aucun esprit critique. Et non pas parce qu’ils n’ont pas les moyens intellectuels pour réfuter tel ou telle thèse, mais parce qu’ils ne possèdent pas le bouclier fondamental contre ce type de “vérités”, c-à-d une culture et connaissance générale de l’histoire, de la philosophie et pourquoi pas des religions… Mais bon, puisque de nos jours un Macdo reste toujours moins cher et rapide que la fine gastronomie il faut s’attendre à ce qu’il y ait pas mal de Michel Onfray qui déboulent dans les médias , et ce encore pendant très longtemps… Gare à l’indigestion ! A bon entendeur.
RÉPONSE :
Malheureusement, de nombreux intellectuels ont tendance à négliger la préparation de leurs conférences. Il semble que les gens viennent avant tout pour voir ces personnages médiatiques, se rapprocher d’eux, les entendre de vive voix et se contentent de l’aspect formel de l’échange plus que du fond. On peut penser que certains auditeurs refusent de le critiquer ou de l’interpeller par crainte de subir un propos cinglant de sa part. En tout cas, son livre à déçus de nombreux athées militants qui sont gênés par les confusions et raccourcis de l’auteur. Ce qui ne gêne pas ceux qui adhèrent à la thèse de départ et n’ont point besoin de la rigueur intellectuelle, la caricature et la méchanceté suffisent à conforter leur conviction profonde. Il y a une foi athée qui ne dit pas son nom, une croyance basée sur des valeurs plus que sur la raison.
16 juin 2008 at 16:14
Exact, ce qui prouve par a+b le caractère vindicatif, névrotique de sa thèse globale. La malhonnêteté consiste en le fait qu’Onfray essaye de faire passer la pilule en tant que trouvaille intellectuelle, sans aucune rigueur, bref très maladroitement somme toute.