9782246648017.jpgMichel Onfray, le pourfendeur des religions, le “pape des bouffeurs de curé” comme l’a nomalfaric.jpgmé le magasine Lire (voir article ) a un compte personnel à régler avec l’Église catholique. Sa haine de la religion n’est pas seulement philosophique (il se réclame des matérialistes et de Nietzsche) et politique (il soutien l’extrême gauche anticléricale). On sent bien que son combat se situe à un autre niveau. Car au delà de son Traité d’athéologie qui lui a permis de se faire mieux connaitre du grand public, il a fait édité un ouvrage plus ancien de Prosper Alfaric intitulé Jésus a-t-il existé ? qu’il a préfacé. Et chaque occasion est bonne pour attaquer l’église (voir ici par exemple).

Sa révolte trouve son origine dans une profonde blessure d’enfance jamais cicatrisée qu’il raconte dans son livre La puissance d’exister paru en 2006 (lire “Autoportrait à l’enfant”). A 10 ans, ses parents l’ont mis en pension dans un “orphelinat” de frères salésiens. Pendant 4 ans, il a vécu dans une profonde solitude et une grande révolte à l’égard de cette institution. La séparation de sa famille, malgré le fait que ses relations avec sa mère n’étaient pas bonnes - il était souvent battu, puni, réprimandé - a été vécu comme une mort. Le pensionnat était donc un lieu d’exclusion (de l’amour familial), de privation (de sa famille), de rupture (de ses repères). La rigidité de l’encadrement - on est dans les années 1960 - n’arrange rien. Adulte, il a pardonné à sa mère. Mais, au vu de sa charge anti-chrétienne, il n’a pas pardonné à ces prêtres de la souffrance endurée jadis. Et cela motive consciemment ou inconsciemment une haine envers l’église toute entière et des religions en général.